Que s'est-il passé dans les cinq minutes précédant la prise de vue ?
♦Cela faisait trois mois à peine que Miguel travaillait au coeur du bidonville de Péruvia. Il venait là tous les deux jours avec Maria et Tonio. Depuis que leur père était tombé malade, trois ans auparavant, les revenus de la famille étaient bien maigres et, du haut des ses six printemps, il comprenait bien qu'il devait apporter son aide aux siens. Mais tout le monde savait aussi combien il aimait rêvasser.
Depuis quelques minutes déjà, sa vue se brouillait. Une fatique immense l'envahissait peu à peu. Depuis qu'il était assis sur ce tabouret, il en avait vu défiler des balles ! Elles avaient l'air de se ressembler toutes. Pourtant, s'il commençait à fixer son regard sur l'une d'entre elles, elle prenait la forme, l'une d'un ours en peluche, l'autre d'un ballon de football. Et il se voyait tantôt sur un stade, applaudi par des supporters en délire, tantôt dans un grand lit aux draps colorés, serrant très fort ce jouet qu'il aurait reçu de ses parents pour son anniversaire. Ces douces pensées lui faisaient oublier pour quelques secondes qu'il était là non pour rêver mais pour vérifier que chacune de ces balles était bien cousue. Le Grand Patron pouvait arriver à tout instant et contrôler son travail. Deux mois plus tôt, Il avait déjà renvoyé son grand frère Mario de l'Atelier.
La nouvelle avait été difficile à avaler pour les parents. Comme toujours, l'aîné avait fait des siennes. Il n'avait pu s'empêcher de dire tout haut ce que d'autres pensaient tout bas : les conditions de travail étaient indignes, il allait créer un syndicat et inciter les ouvriers à se mettre en grève. Certains l'avaient regardé, sidérés. D'autres avaient hoché de la tête tristement. Mais personne n'avait vu que le Grand Patron était là, juste au seuil de la porte, les bras croisés...
Maintenant, ils n'étaient plus que trois à rapporter un petit salaire à la maison. Maria, sa soeur préférée venait de lui rappeler qu'il ne devait surtout pas s'endormir :
" Pense à Papa et à Maman, lui avait-elle chuchoté à l'oreille. Ils seront très fiers de leur petit garçon. Et puis, tu pourras peut-être garder une petite pièce pour toi si tu fais bien ton travail. "
Miguel lui avait rendu son sourire et avait saisi une balle pour la recoudre. Et il s'était aussitôt dit qu'avec de la concentration et de la patience, il serait bien, lui aussi, à la hauteur.
"Tout vient à temps pour qui sait attendre" lui avait un jour dit la Vieille Migua.
♦ Ajoute une phrase permettant de situer les lieux, le moment et indiquant le nom de l'enfant (qui? où? quand?)
♦Explique pour quelle raison Mario a été renvoyé
♦ Rapporte au style direct les raisons que Maria a données à son frère pour qu'il ne s'endorme pas
